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Apport des neurosciences affectives et sociales à l’éducation — Catherine Gueguen

Publié le : 13 novembre 2017

Les neu­ro­sciences affec­tives et sociales sont des sci­ences très récentes, (21è siè­cle) qui étu­di­ent ce qui se passe au niveau du cerveau quand nous sommes en rela­tions avec les autres et quand nous éprou­vons des émo­tions. Elles nous aident à mieux com­pren­dre l’enfant et nous éclairent sur les con­di­tions néces­saires à  l’épanouissement de l’être humain. Elles nous dis­ent qu’il est essen­tiel d’avoir une rela­tion de qual­ité avec les enfants et les ado­les­cents, c’est-à- dire une rela­tion  chaleureuse, empathique, sou­tenante et de les aider à « tra­vailler » leurs émo­tions pour que leur cerveau se développe de façon opti­male.

Toutes les rela­tions  vécues par l’enfant ont une influ­ence extrême­ment impor­tante pour son devenir. Durant ses pre­mières années de vie le cerveau de l’enfant est par­ti­c­ulière­ment  frag­ile, imma­ture et mal­léable expli­quant les véri­ta­bles tem­pêtes émo­tion­nelles qui peu­vent le sub­merg­er. Il n’est pas capa­ble de réguler ses émo­tions et de s’apaiser seul. L’ambiance dans lequel l’enfant est élevé, à la mai­son, à l’extérieur, ses expéri­ences rela­tion­nelles remanient son cerveau en per­ma­nence, et jouent un rôle essen­tiel sur le développe­ment de ses apti­tudes affec­tives et intel­lectuelles.

Quand les adultes com­pren­nent la fragilité émo­tion­nelle de l’enfant et sont sou­tenants, bien­veil­lants, ils aident son cerveau à matur­er et très pro­gres­sive­ment l’enfant régulera mieux ses émo­tions. A l’inverse, une atti­tude dure, rigide, des humil­i­a­tions ver­bales, physiques, tout ce qui fait peur, stressent l’enfant, freinent le développe­ment glob­al de son cerveau intel­lectuel et affec­tif et peu­vent entrain­er des trou­bles du com­porte­ment : anx­iété, agres­siv­ité, dépres­sion.

Quand les enseignants dévelop­pent leurs com­pé­tences socio-émo­tion­nelles (con­naître ses émo­tions, com­pren­dre leurs caus­es, savoir les gér­er, savoir entretenir
des rela­tions sat­is­faisantes et résoudre les con­flits), eux-mêmes se sen­tent mieux, plus com­pé­tents et leurs élèves pro­gressent sur tous les plans : per­son­nel, social, intel­lectuel.

Cather­ine Gueguen est pédi­a­tre à l’Institut hos­pi­tal­ier Fran­co-bri­tan­nique (Lev­al­lois- Per­ret) depuis 27 ans. Spé­cial­isée dans le sou­tien à la parental­ité, for­mée en
hap­tonomie et en com­mu­ni­ca­tion non vio­lente, elle ani­me aus­si des groupes de tra­vail pour les médecins, psy­cho­logues, édu­ca­teurs, sages-femmes sur l’aide et le
sou­tien à apporter aux par­ents.

source : Académie de La Réu­nion